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17 juillet 2014 4 17 /07 /juillet /2014 20:33
Lune et l'Autre de Gabriel Germain chez Casterman.

Le synopsis de Casterman :

« Dans un Tôkyô rêvé qui pourrait porter la signature de Miyazaki ou Murakami, une prostituée hébétée, Risa Tsukiyo, émerge d’un cauchemar éveillé : elle vient, dans sa chambre du love hotel White Rabbit, de tuer son souteneur. Dans sa fuite, la jeune femme terrifiée heurte un passant et perd son portefeuille, mais réussit à rejoindre la gare routière où elle saute dans le premier bus en partance pour le village de son enfance. À bord, Risa découvre une étrange petite fille, Hana, qui semble elle aussi voyager seule et fuir la grande ville sans véritable but. L’une et l’autre vont sympathiser, au point de ne plus se quitter et de poursuivre ensemble leur périple hasardeux. Pendant ce temps, le passant qu’a heurté Risa dans sa fuite, Shin’ichiro, est plongé dans une introspection inquiète et douloureuse. Incapable d’assumer sa paternité prochaine, débordé dans son travail, ce jeune salaryman se sent perdre pied et voit dans l’inconnue dont il vient de trouver le portefeuille une possible bouée de sauvetage. Mais lorsqu’il se rend chez elle, il découvre à côté de la jeune femme alitée le cadavre d’un homme… Quelle est la véritable Risa ? Celle du bus, qui semble peu à peu retrouver une certaine joie de vivre au contact de la petite Hana ? Ou celle du White Rabbit, perdue et affolée, qui accueille avec gratitude l’aide spontanée de Shin’ichiro ? Risa, Hana, Shin’ichiro... »

Etrange livre que celui-ci. On ne sait pas trop comment le prendre. Est-ce un polar ? Est-ce une digression sur la vie et la solitude ? Est-ce un road movie à plusieurs avec des destins croisés ? Difficile de résumer cet album. C'est un manga de 128 pages. Il y a en effet comme l'annonce l'éditeur du Miyazaki mais aussi Tanigushi aussi...Beaucoup de Tanigushi. Alors forcément l'auteur ne va plus se sentir. Le dessin est inspiré du manga. Pour toute une génération c'est normal pour une autre un peu moins. En tout cas, cela y ressemble même si le sens de lecture

est européen. L'héroïne Risa est sexy en diable et le héros au départ un peu falot mais il se durcit et s'endurcit au fil de l'histoire. C'est une seconde œuvre donc il y a de l'expérience, du vécu en matière de scénario. Un peu de naïveté aussi mais cela ne nuit pas à l'ensemble. C'est onirique pour corser l'histoire. Trois destins croisés qui se découvrent. Chacun y trouvera ce qu'il voudra.

C'est un livre sympa qui fait passer un bon moment. A noter que Olivier Bocquet a prêté la main au scénario.

Gabriel Germain est né à Marseille en 1984. Après une formation en arts appliqués et en design, il s’oriente vers la communication visuelle. Brouillard sur le pont Bihac est son premier album. Lune et L'autre son second.

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14 juillet 2014 1 14 /07 /juillet /2014 17:03
Interview de Lukas Jüliger pour Vacuum chez Rackham.

Bonjour Lukas Jüliger. Vacuum votre premier livre est sorti chez Rackham dans sa version française. Mais qui êtes-vous Lukas Jüliger ? Présentez-vous mieux ?

Je suis un mec de 26 ans qui a déjà réalisé le rêve de sa vie, de faire un livre et qui est actuellement à la recherche des autres rêves.

Comment êtes-vous venu à la Bande Dessinée ? Qu’est ce qui fait qu’un jeune allemand décide un jour qu’il racontera des histoires à l’aide de dessins ?

J'ai toujours dessiné. Etant enfant c'était le loisir qui m'a le plus occupé et que j'ai suivi avec le plus d'attention. Et quand j'ai appris à écrire j'ai réalisé que c'était un plaisir aussi. Du coup la possibilité de combiner les deux éléments est venue assez tôt.

On parle de BD franco-belge, de mangas, de comics mais quelle est la place de la Bande Dessinée en Allemagne ? On a Wilhelm Busch puis plus rien puis arrive une renaissance avec Matthias Schultheiss, Von Eckartsberg, Von Kummant et vous maintenant Que s'est-il passé dans votre pays ?

Oui, il y a les choses que t'as déjà mentionné et qui me parlent pas du tout. Mais il y a aussi un milieu assez indépendant avec de beaux livres et des histoires intellectuelles quoi !!!. Mais je n'évolue pas trop dans ce milieu, du coup je trouverais un peu présomptueux d'en faire un portrait.

Présentez-vous votre livre.

C'est une histoire d'amour, sur la vie et sur sa fin (la fin de la vie, pas de l'amour).

C’est un livre sombre sur l’adolescence. Pourquoi ce sujet ? Et pourquoi cette noirceur ?

J'avais 22 ans quand j'ai commencé à écrire Vacuum (Vakuum en version originale) , cela explique peut-être le fait qu'il est devenu une histoire d'adolescence. Il me semblait erroné d'écrire autre chose. Et pour la noirceur: Parfois la vie peut asphyxier. Et mes travaux ont presque toujours une fonction psychologique pour moi-même. Mais la noirceur est aussi importante afin que la chaleur et l'amour dans l'histoire puissent exister.

Comment avez-vous travaillé sur ce projet ? Avec quels outils ? Est-ce que ce livre est le reflet de vos influences et de vos partis pris techniques et artistiques ?

J'ai dessiné avec des crayons. Toujours le même calibre. Après, j'ai écrit tout le texte à la main avec les mêmes crayons (dans la version française le texte est mis par ordi). Puis j'ai colorié les dessins à l'ordinateur. Oui, le livre reflète bien mes capacités et mon style de l'époque quand je l'ai fait, je trouve. Pour les influences je suis pas sûr parce que j'en ai pas trop. Au moins pas consciemment. Je suis moi même dans mes dessins.

Comment aimez-vous travailler ?

Je m'enferme dans ma chambre, je m'isole complètement et j'écoute de la musique. Dans le process je parle à personne de ce que je suis en train de faire. Surtout avec Vacuum il était très important que tout mûrisse dans ma tête sans influence et opinion de dehors parce qu'il était le projet le plus grand et le plus personnel pour moi à l'époque.

Merci à Christian Möller pour le portrait publié sur le blog 1 Live.

Merci à Christian Möller pour le portrait publié sur le blog 1 Live.

Quels sont les artistes du 9ème art qui vous ont influencés ?

Comme j'ai dit : je suis moi même dans mes dessins. Et j'aime pas trop les BD's en général. En fait il y a beaucoup des choses que je trouve super moche. Du coup mon style s'en ressent dans l'approche pour créer ma propre langue et mon propre univers, je pense.

Pourquoi cette incursion sur le territoire français ? Qu’est ce qui vous attire en France au-delà du fait que le marché français est plus mature que le marché allemand ?

Concernant la traduction et la publication de Vacuum en France, là, j'ai justement eu de la chance que Rackham s'y intéresse. Et pour mon incursion personnelle sur le territoire français: Après mon "ère Vacuum" qui a pris plus que deux ans de ma vie, j'ai eu besoin de sortir et de faire d'autres choses. Je ne sais pas exactement pourquoi, mais la France m'a toujours attirée, surtout la langue. C'est pour cela que je suis maintenant ici à Paris en Erasmus. Et oui, j'entends que le marché français est plus mature que le marché allemand mais pour l'instant j'ai pas l'intention de faire un autre livre. Cela serait trop tôt.

Sur quels projets travaillez-vous actuellement ?

Actuellement, quand je dessine je fais principalement des dessins expérimentaux et libres. Autrement je fais un peu de la peinture et j'écris des choses qui finalement pourraient devenir une nouvelle histoire ou des nouvelles histoires. Mais pas nécessairement des histoires illustrées, j'ai bien envie de ranimer mes approches cinématographiques aussi et de faire plusieurs choses en même temps.

Merci Lukas et à bientôt dans de nouveaux projets.

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13 juillet 2014 7 13 /07 /juillet /2014 14:09
Les légendes de la Bande Dessinée par Oncle Fumetti...Les Légions Perdues de Jacques Martin chez Casterman.

L'avantage des séries qui s'écoulent sur de nombreuses années, c'est que l'on a le temps, si le succès est là, de s'attacher aux personnages, au contexte. L'autre avantage est que l'on s'attache à un artiste. Il se construit une relation artistique et un vrai relationnel entre le public et lui. Cela permet aussi de mesurer sur la durée l'évolution de l'auteur, sa capacité à raconter une histoire et aussi et surtout à voir évoluer son trait et son dessin. Dans le cas d'une œuvre comme celle de Jacques Martin et si on prend le temps de s'intéresser à son travail et à le comparer dans le temps. Il semble que c'est à partir de l'album Les Légions Perdues que Jacques Martin a assis sa capacité à raconter et à mettre en scène ses histoires. Jacques Martin dessina seul ou à peu près Alix entre 1948 et 1998. Il n'est pas seul parce qu'il a des collaborateurs comme Gilles Chaillet sur lequel il s'appuie notamment dans le développement de Lefranc. Il a plus de temps donc pour Alix.

Il apparaît à Oncle Fumetti que l'album Les Légions Perdues est un tournant car le dessin est plus mature. Il est aussi plus artistique (les précédents albums restant excellents). Sur la première planche (ci-dessous), on y voit des plans plus larges, inhabituels chez Jacques Martin et notamment un panoramique sur Rome une nuit d'orage. La planche ne comporte que 7 cases alors qu'à l'habitude et auparavant JM est plus dans des planches aux cases nombreuses et petites allant parfois jusqu'à 13 cases. La colorisation est plus travaillée et moins flashy. Le trait est plus sûr et mature que dans La Griffe Noire qui précède. C'est toujours de la Ligne Claire très classique et réaliste mais plus finement travaillée. Ce que l'on remarque c'est qu'il se passa environ quatre années entre la parution de La Griffe Noire en 1959 et son suivant Les Légions Perdues paru entre 1962 et 1963. Le temps d'une prise de recul ? Oncle Fumetti ne le sait pas... L'album préféré de Oncle Fumetti reste Le Tombeau Etrusque mais à chacun ses plaisirs...

Les légendes de la Bande Dessinée par Oncle Fumetti...Les Légions Perdues de Jacques Martin chez Casterman.
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12 juillet 2014 6 12 /07 /juillet /2014 14:10
Tourne-disque de Zidrou et Raphaël Beuchot chez Lombard.

Le synopsis de Le Lombard :

«Je m'appelle Eugène Ysaÿe. Je suis violoniste. Le Gouverneur m'avait invité au Congo pour donner un concert. Je comptais passer ensuite trois semaines chez mon neveu au bord du magnifique lac Maï Ndombé. C'est ainsi que je fis sa rencontre. Ne me demandez pas son nom: tout le monde ici l'appelle « Tourne-Disques ». Il pourrait être mon fils... s'il n'était plus noir qu'un café serré. La musique permet des rencontres étonnantes. Celle-là devait me marquer pour toujours. Après tout, je n'avais que 70 ans et encore tant de choses à apprendre ! »

Zidrou est magique...Non ce n'est pas un joueur du PSG. C'est en revanche un foutu scénariste. Il prend son envol. Il passe au fil des années de Ducobu qui nous l'écrirons facilement n'est pas un sommet de cet art, de son art à ces albums intimes et fins qu'il nous donne à lire au fûr et à mesure. Brillant le Belge. Ce livre n'échappe pas à la règle. Ce sujet incroyable aurait pu tourner au livre fade et insipide..Que nenni !!! On arrive à une œuvre aboutie et intéressante. Le mérite en revient aussi au dessinateur Raphaël Beuchot qui se met au diapason et sort son meilleur actuel pour nous proposer un trait classique mais agréable fidèle à ces maîtres et référents que sont Shuitten, Fred ou Hergé. La bonne école...Une des bonnes en tous cas. Le livre se lit facilement

et agréablement. En ce mois de faibles sorties en librairie c'est un régal. Vous passerez un agréable moment foi de Fumetti. C'est sortiiiii.

Zidrou alias Benoît Drousie est né en 1962 à Bruxelles. Il commence comme instituteur. Il se lance dans l'écriture. En 1991 il s'ouvre à la BD avec Ducobu...L'élève Ducobu qu'il crée avec le dessinateur Godi. Il scénarise pour le Lombard, Casterman et Dupuis. En 2010 sort le très beau « Lydie » qu'il concocte avec Jordi Lefebre. Il vit en Espagne à côté de Malaga.

Raphael Beuchot est né en 1980, habite à Nantes. Il fait de la bande dessinée depuis ses vingt ans ce qui fait assez peu au regard de son age.Ses principales influences sont les univers parallèles de Fred et Schuitten.Peeters, les travaux de Gaultier, Bachelier, Springer, et Hergé. Du classique mais du lourd...

Tourne-disque de Zidrou et Raphaël Beuchot chez Lombard.
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8 juillet 2014 2 08 /07 /juillet /2014 04:33
L'Or du Rhin tome 1 – l'homme au masque du cuir de Vincent Wagner et Roger Seiter chez Editions du Long Bec.

Le synopsis des Editions du Long Bec :

«En Alsace, au milieu du XVème siècle. L'époque est troublée. La guerre de cent ans s’achève et les campagnes françaises sont envahies par des compagnies de mercenaires et d’écorcheurs désoeuvrées. A l’automne 1444, ces « Armagnacs » entrent en Alsace pour y passer l’hiver. C’est dans ce contexte que Walther Lurco, le héros de l’histoire, va tenter de remplir une mission jadis confiée par son maître. Une quête qui va le mener à un coffre rempli de pièces d’or antiques et qui devait servir de soutien financier à un mouvement qui, dès le milieu du XVème siècle, annonce les réformes protestantes et l’exigence d’une plus grande justice sociale… »

La jeune maison d'édition alsacienne née en 2012 et sus-mentionnée, se jette à l'eau et nous propose une BD moyen-ageuse. En direct de la fin de la guerre de cents ans. L'action se déroule en Alsace, terre de prédilection et c'est bien logique, des auteurs qui y sont nés. C'est naturellement plus facile pour faire des répérages pour les décors et très souvent on parle ou on évoque bien que ce que l'on connait bien. En tout cas cela ne minore pas le mérite des créateurs de cet album. Le graphisme de Vincent Wagner est simple mais efficace. Il sait donner du souffle à l'action par son trait. Les physionomies sont intéressantes. Roger Seiter, vieux routier, maîtrise son récit et on sent qu'il en garde sous le pied. Il est dit que d'autres albums arrivent, qu'ils seront indépendants mais que la trame sera commune. Nous on attend pour voir. Pour le moins, on passe un joli moment à la lecture de ce livre agréable et bien conçu. Il est sorti et la diffusion autrefois régionale devrait vous permettre de le trouver par chez vous. En tout cas, Oncle Fumetti l'a trouvé dans le Sud qu'on se le dise. Au passage, le Vieux Fumetti signale qu'ils ont commis ensemble l'excellent «Venise Hanté » paru chez Emmanuel Proust Editions et déjà chroniqué dans ce blog en octobre 2012. C'est donc un déjà vieux couple qui s'entend bien et cela se retrouve dans l'album. C'est sortiiiiii.

Roger Seiter est strasbourgeois. Il est historien de formation et scénariste. Il se met à l'écriture dès 1989. Il collabore avec Glénat ou avec Delcourt. On retient notamment la série HMS travaillée avec Johannes Roussel chez Casterman.

Vincent Wagner est strasbourgeois aussi. Il est né en 1971. Il est dessinateur et est diplômé de l''école supérieure des Arts décoratifs de Strasbourg. Il est dessinateur, illustrateur pour les plus jeunes. Il a déjà à son actif de nombreuses collaborations.

L'Or du Rhin tome 1 – l'homme au masque du cuir de Vincent Wagner et Roger Seiter chez Editions du Long Bec.
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7 juillet 2014 1 07 /07 /juillet /2014 04:27
La page technique d'Oncle Fumetti...Un album de Tintin était-il moins cher il y a 60 ans ?

Oncle Fumetti est «tombé» sur un album de Tintin « On a marché sur la lune » de ce cher Hergé dans son supermarché ce samedi. Il a remarqué la vignette indiquant le prix avec encore pour un moment, la conversion franc/euro.... 9,95 euros pour un équivalent de 65,27 francs.

Et là !!! Le cerveau reptilien du Vénérable Vieillard se met en route «Mais combien payais-je ce même album, il y a 60 ans en 1954 ? ». Et le bonhomme de chercher la réponse : 4,95 francs.

Comment passe-t-on en 60 ans de 4,95 francs à 65,27 francs. Le prix a donc été multiplié par 13 environ en 60 ans et donc cela fait 1300% d'augmentation sur la période soit par année 21%. Est-ce que le consommateur est gagnant ou perdant en 2014 ? Vaste domaine de réflexion.

Ce que l'on sait et on doit ce travail de collectes d'informations à l'INSEE, c'est que de 1951 à 2010, dans le secteur privé et les entreprises publiques, le salaire net annuel moyen des salariés à temps complet a progressé en rythme annuel de 2,3 % en euros constants (figure ci-dessous).

Soit une augmentation de 115% (2,3% par 50) en 50 années. Donc cela laisse à penser que le prix de la BD a progressé beaucoup plus vite que le niveau des salaires. En effet dans notre exemple on a une augmentation de 21 % par an pour la BD face à une augmentation des salaires en moyenne de 2,3% par an sur la même période. Ce serait intéressant de savoir pourquoi. Mais en parallèle, qu'en est-il du niveau de vie des personnes et de l'augmentation de prélèvements sociaux et des impôts ? Et si on avait un pouvoir d'achat moindre en 2014 qu'en 1954 ? Je vous laisse réfléchir à dessus. Fumetti lui va relire « On a marché sur la lune » et c'est aussi ce qui importe, son plaisir de lire....Mais quand même 65 francs l'album de Tintin !!!! ça va pas non ?!?!?

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6 juillet 2014 7 06 /07 /juillet /2014 08:20
Green Arrow et Green Lantern de Dennis O'Neil et Neal Adams/Dan Askins chez Urban Comics.

Le synopsis de Urban Comics :

« Tandis qu’Hal Jordan se charge de protéger l’univers à l’aide de son anneau de Green Lantern, sur Terre, Oliver Queen s’occupe des malfrats de Star City sous le masque de l’archer Green Arrow. Toutefois, les deux justiciers d’émeraude font parfois équipe ! Imaginées par Denis O’NEIL et illustrées par le tandem Neal ADAMS et Dan ADKINS, ces aventures qui bouleversèrent l’industrie du comics par leur approche réaliste des problématiques propres aux années 70 (crise, drogue, crime, écologie, etc.), signèrent une nouvelle étape dans l’évolution du médium.

Il y a des idées qui sont bonnes et Urban Comics en a eu une. Celle de rééditer dans un format agréable et sous la forme d'un beau livre, plusieurs épisodes des aventures de Green Lantern et Green Arrow. Ces deux héros très américains ont eu des parcours similaires...Très appréciés et pas toujours sur le devant au niveau de la reconnaissance des fans sans que l'on sache trop pourquoi. Cela ne les empêcha pas d'avoir leurs adaptations au cinéma. Bref, ces épisodes ont été créés et développés par deux légendes encore vivantes des comics américains ; Neal Admas et Dennis O'Neil à l'époque dorée. Ils auront droit à la très bonne collaboration de Dan askins. On y retrouve 18 épisodes publiés entre avril 1970 à mars 1974. C'est en version française. On y retrouve le très célèbre Snowbirds Don't Fly '(les junkies ne volent pas) édité en 1971, où il est dénoncé le marché de la drogue et les junkies sont représentés plus comme des victimes que comme des criminels. Ce livre est à la fois un joli moment de lecture, une page de l'histoire des comics américains et un vrai bel objet de collection pour ceux qui s'adonnent à ce loisir. C'est un 368 pages dans la collection DC archives qui décrit bien ce qu'elle est.

Neal Adams est né en 1941 aux Etats Unis. Il est un éminent spécialiste des comic books. Il est extrêmement connu pour ses contributions sur Superman, Batman et Green Arrow. Son style est très réaliste. Il est fameux au point d’ avoir été nommé aux prestigieux « Will Eisner Award Hall of Fame » et au « Jack Kirby Hall of Fame ». Deux récompenses majeures aux USA. Il a dessiné pour DC Comics et pour la Marvel également. C'est une légende vivante de la Bande Dessinée.

Dennis O'Neil est un scénariste américain, né en 1939. Il a travaillé principalement et excusez du peu pour Marvel Comics et DC Comics dès le début des années 70 et durant une trentaine d'années.Il est très connu pour ses apports dans les aventures de Green Lantern et Green Arrow et même de Batman. Son association , avec le dessinateur Neal Adams, est la plus notoire. Aujourd'hui, un peu retiré, il siège en tant que directeur de l'association The Hero Initiative, qui aide les dessinateurs et les scénariste de comics dans le besoin.


Dan Adkins est un dessinateur américain de bandes dessinées né en 1937 en Virginie et mort le8 mai 2013. Il a collaboré avec toutes les grandes maisons que ce soit DC Comics ou la Marvel. On lui doit des épisodes de Docteur Strange notamment.

Green Arrow et Green Lantern de Dennis O'Neil et Neal Adams/Dan Askins chez Urban Comics.
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3 juillet 2014 4 03 /07 /juillet /2014 04:55
Madame Livingstone chez Glénat : Interview de Barly Baruti.

Hier est sorti « Madame Livingstone de Barly Baruti et Christophe Cassiau- Haurie (cf notre chronique d'hier) publié chez Glénat. Oncle Fumetti a souhaité en savoir plus en posant quelques questions au dessinateur Barly Baruti...

Bonjour Barly Baruti. On vous connait pas encore beaucoup. Présentez vous en quelques mots.

Barly Baruti, artiste (BD,Peinture & Musique) né à Kisangani au nord est au Congo Kinshasa. Avec Frank Giroud au scénario, j’ai commis « Eva K. », une série de 3 albums chez Soleil Productions et « Mandrill », 7 albums chez Glénat Éditeur. Bien plus tôt en Afrique, j’ai réalisé une vingtaine d’albums. Ah, aussi, j’ai eu la chance de passer quelques temps au Studio Hergé aux côtés de l’excellent Bob De Moor. Voilà.

Comment un zaïrois et d'ailleurs dit-on encore zaïrois...Vient à la Bande Dessinée ? Quel est votre parcours ?

Pour la parenthèse, « Zaïre » est une invention pure du Citoyen Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu Wa Zabanga pour marquer son époque, son règne… Rien à voir donc avec le « recours à l’authenticité » dont il a été si fier. Parenthèse fermée. Pour revenir à ma modeste personne, toute ma petite enfance a été marquée par la présence quasi permanente de BD autour de moi … à Kisangani. Des fumetti italiens tels que « Blek Le Roc », « Akim », « Zembla », « Mandrake », etc. (en passant par les revues « Tintin » et « Spirou » ! Hé oui !) faisaient partie de mon entourage immédiat. En plus j’ai baigné dans une famille d’artistes peintres (mon père est l’un des précurseurs de l’école de peinture dite de « Stanleyville » (ancienne appellation de Kisangani. De là à la BD, le pas à franchir est court.

Vous sortez chez Glénat « Madame Livingstone » avec Christophe Cassiau-Haurie le 2 juillet. Pourquoi ce livre ? Pourquoi ce sujet et ces personnages précisément.

Tu veux vraiment le savoir ? Alors, tiens-toi bien !! avant que le Maréchal Mobutu ne décide le recours à l’authenticité, j’avais comme nom « Alexis Livingstone » et mon père s’appelait… « Livingstone David ». Alors, je devins Baruti Kandolo Lilela dit Barly. Bien plus tard, je cherchais à savoir l’origine de ce nom que j’ai porté jadis, mais en vain. Je me mis alors à fureter partout et je suis tombé sur ces écrits de l’aventurier Stanley.

Stanley a écrit: Enfin on racontait qu'il (David Livingstone) s'était remarié avec une princesse africaine.(…) A propos de son mariage avec une Africaine, je dirai simplement : ce n'est pas vrai. Je crois inutile d'ajouter autre chose; il est au-dessous d'un gentleman d'associer même l'idée d'un pareil acte au nom de David Livingstone.”

Et pourtant, toujours dans les écrits de ce même Stanley, il était relevé cet extrait de leur conversation:

Stanley : « A présent que cette petite affaire est traitée, si nous déjeunions, Docteur? Permettez-vous que mon cuisinier se charge du repas? ».

Dr Livingstone : « Certainement. Vous m'avez rendu l'appétit, et ma pauvre Halimah n'a jamais pu distinguer le thé du café. »

Extrait de: Livingstone David - Stanley rencontre Livingstone de Henry Morton Stanley (1841-1904) - Source : Library of Congress, Prints and Photographs Division, LC-USZ62-78736

C’est qui cette “Halimah” que le Docteur se plaisait à appeler affectueusement “ma pauvre Halimah”? Une cuisinière ou une femme de chambre? Ce paradoxe dans le chef d’un “gentleman”, ainsi que quelques autres incohérences du même genre, méritait une attention particulière de ma part. Une faille dans le rocher de l’Histoire, assez pour y glisser quelques fantaisies narratives. L’idée de la BD “Madame Livingstone” est née. Appollo en a tracé le récit et Christophe Cassiau-Haurie (CCH)a continué le scénario. Pourquoi avoir choisir ce moment pour traiter de cette histoire ? Le monde entier commémore le centenaire de la Grande Guerre de 2014 à 2018. Il me semble que l’effort des Colonies en hommes, en logistiques et en financement n’est pas assez mis en exergue. Par exemple, le 6 juin 2014 lors de la manifestation en grande pompe du souvenir du « Débarquement », aucun africain n’était convié. Et pourtant…

Comment s'est faite la collaboration avec votre scénariste ? Il est un spécialiste de l'Afrique et a vécu en RDC qu'est ce qui a amené cette collaboration ?

Comme je l’ai expliqué plus haut, Appollo en a tracé le récit et Christophe Cassiau-Haurie a continué le scénario. Appollo vient de l’île de la Réunion et CCH est un habitué de l’Afrique et un grand bibliothécaire. Tous les deux ont une passion commune pour l’histoire, l’Afrique et … la BD !

Comment avez-vous travaillé ce livre et ces planches ? L'éditeur parle de « couleurs directes ». Que veut-il dire ?

Je l’ai traité à la manière d’un roman graphique. J’ai fait énormément de crayonnés d’études des personnages, de décors, d’objets… Mais une fois les images au crayon sont placées sur la planche originale, je ne revenais plus dessus avec une gomme et je passais directement à la couleur. Des fois j’aboutissais mon dessin par l’encrage des contours, souvent pas !

Une couverture de Mandrill et une planche de  Eva K. Une couverture de Mandrill et une planche de  Eva K.

Une couverture de Mandrill et une planche de Eva K.

Quel est votre rythme de travail et quels sont vos outils ? Etes vous plus mine de plomb ou logiciel ?

Rythme de travail ? Cool. J’adore les nuits blanches ! Mes outils : crayons mine « b » pour les crayonnés et « 2b » pour le définitif, quelques fois des stylets. J’aime travailler « en vrai » en coloriage. Le « photoshop » me sert souvent de retouches.

Etes-vous un dessinateur africain ou un dessinateur belge ? Comment vous situez vous ?

Je suis un dessinateur de BD.

Parlez nous de la place de la Bande Dessinée en Afrique. On sait que le sujet vous tient à cœur. Est-ce que cet art trouve sa place en Afrique ? N'est-ce pas l'occasion de montrer la richesse culturelle et artistique de tous ces pays et de ses habitants ?

En Afrique, nous avons traditionnellement l’oralité comme mode d’expression. Et face à l’autoroute des médias et la Grande Littérature, la BD se positionne comme un ersatz, mieux une passerelle entre les deux mondes. Elle est donc indispensable. Aujourd’hui bien d’auteurs africains explosent leurs talents, exposent et proposent leurs œuvres. On a beaucoup des choses à dire. Il était temps. Avec mon « crayon de pèlerin » je n’arrête pas de parcourir l’Afrique pour donner des stages par ci par là…

Quels sont les artistes qui vous ont influencé ? Est-ce qu'un belge doit forcément passer par la « ligne claire » ?

Jijé et Hermann sont mes références.

Quels sont vos projets futurs ?

Je crois que je vais d’abord reprendre mes vieux personnages semi-réalistes, ceux-là même qui m’ont fait connaître auprès du public BD en Afrique et dans l’Océan Indien à mes débuts: « Mohuta & Mapeka » (le villageois et le citadin). Après, l’aventure continue…

Madame Livingstone chez Glénat : Interview de Barly Baruti.
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Published by Oncle Fumetti
2 juillet 2014 3 02 /07 /juillet /2014 04:49
Madame Livingstone de Barly Baruti et Christophe Cassiau-Haurie chez Glénat.

Le synopsis de Glénat :

«En Afrique centrale durant la Première Guerre mondiale, l’aviateur Gaston Mercier, lieutenant de l’armée royale belge, est chargé de couler un cuirassé allemand sur le lac Tanganyika. Pour en découvrir la position exacte, on lui assigne un guide un peu particulier... Ce dernier, un métis énigmatique en kilt qui semble beaucoup plus instruit que les autres autochtones, prétend être le fils du célèbre explorateur David Livingstone. Petit à petit, alors que la guerre entre puissances coloniales belge et allemande fait rage au cœur du continent noir, le jeune pilote belge va essayer d’en apprendre un peu plus sur l’histoire de cet homme qu’on appelle « Madame Livingstone ». »

La Première Guerre Mondiale en Afrique... Il paraît important à Oncle Fumetti, l'année durant laquelle où on célèbre le centenaire de son début, d'aborder le côté colonial et donc aussi africain de ce conflit absurde autant que meurtrier. Deux auteurs lui en donnent l'occasion. Ils abordent ce sujet avec intelligence et par un biais intéressant. Cela passe par les rapports entre deux êtres que tout semble opposer...Un métis africain et un jeune militaire belge en mission. L'histoire est passionnante parce que l'on découvre au travers d'une histoire la Grande Histoire. Les planches sont finement construites. Les dessins sont beaux et joliment colorisés. L'éditeur parle de réalisation en « couleurs directes ». Cela semble vouloir dire que les logiciels n'ont rien eu à voir dans cette œuvre et c'est très bien. Je vous renvoie à l'interview de Barly Baruti publier demain dans ce blog pour en savoir plus et mieux. Il en résulte un livre simple et esthétique. Les planches sont découpées pour faire vivre le récit et bien des plans sont superbes. La colorisation est élégante. La narration passe beaucoup par le dessin. Les phylactères sont présents mais beaucoup de planches en sont dépourvues. C'est intéressant tant certaines autres BD sont « bavardes ». Beaucoup de choses passent par le regard et la contemplation. Bref, c'est un album différent, intéressant et attachant. Qui plus est, il finit par un élégant livret des recherches et études des auteurs. C'est un beau complément. A découvrir.

Barly Baruti est né en 1959 au Zaïre (l'actuelle République Démocratique du Congo ». Il réalise 8 albums à partir de 1982 pour des ONG. Il collabore avec de nombreux magazines et notamment «Le Soir » de Bruxelles, «Tam-Tam » ou « Autrement » dans lesquels il réalise des illustrations. A partir de 1998 il anime « Mandrill » chez Glénat. Il dessine également Eva K. Il est actif en Afrique où il cherche à y faire connaître le 9ème Art. Pour ceux qui ne l'auront pas lu...Une interview très riche de l'auteur qui sera publiée demain sur ce blog et qui vous en dit plus.

Christophe Cassiau-Haurie est né en 1968. Il possède un DEA Etudes africaines. C'est donc un fin connaisseur de l'Afrique. Il a vécu au Zaïre. Il est également un connaisseur de la BD en Afrique et dans les Pays du Sud. Il est scénariste et écricain.

Madame Livingstone de Barly Baruti et Christophe Cassiau-Haurie chez Glénat.
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1 juillet 2014 2 01 /07 /juillet /2014 18:56
Vacuum de Lukas Jüliger chez Rackham.

Le synopsis de Rackham :

« L’été arrive, avec les premières chaleurs. Un adolescent s’ennuie. Sa vie commence pourtant à devenir plus palpitante depuis qu’une fille s’intéresse à lui et cherche sa compagnie. Ils passent du temps ensemble – le monde est déstabilisant, mais semble aussi leur sourire. Jusqu’au jour où la petite ville où ils habitent est frappée par un tragique évènement : la mort d’un lycéen. En marchant dans ses pas, les deux jeunes pressentent peu à peu que ce ne sont pas uniquement leurs années d’études qui touchent à leur fin.

L'adolescence. L'adolescence au XXIème siècle. On les croit heureux, sereins. Connectés par leurs smartphones, les réseaux sociaux...On les croit maîtriser leurs univers, leurs relationnels...Et si notre époque était celle de l'ultra-moderne solitude. Lukas Jüliger nous narre le parcours de jeunes gens qui vivent mal cette période charnière. Tout y passe, découvertes diverses et variées pas si jolies que cela. Sexe, drogue...La mort aussi. Rapports amoureux complexes et rapports sexuels parfois non consentis. C'est donc un univers sombre et parfois dur qui nous est proposé. Le trait esthétique est précis, fin, stylisé. Il accentue la gravité de la narration. Une voix off masculine nous parle. Le propos est difficile parfois. On reste souvent pantois. Les personnages sont moralement violents dans leurs actions. La colorisation est grise ou taupe et accentue le caractère sombre de l'histoire. Les «petits Mickeys » sont sans pitié et peuvent parfois nous faire réfléchir en nous proposant sous un aspect dérangeant notre société...D'ultra-moderne solitude. A découvrir au mieux de sa forme toutefois.

Luka Jüliger est né en 1988. Il est allemand et est issu de la prestigieuse Haute école des arts appliqués d’Hambourg. Il est illustrateur et auteur de bande dessinée. Vacuum est son premier livre.

Vacuum de Lukas Jüliger chez Rackham.
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