Comment est apprécié ton travail par le milieu policier ? Ton travail est-il censuré ? Y-a-t-il un droit de regard ? As-tu du refaire des dessins ?
Les retours que nous avons sont très bons et beaucoup offrent les livres à leur proches comme un moyen d’expliquer leur quotidien qui est par ailleurs difficile à verbaliser. Le livre sur la brigade criminelle a fait l’objet d’une relecture et d’une validation par la brigade et le parquet, notamment pour des questions de respect du secret de l’instruction. Nous avons dû refaire des pages, et donc des dessins, pour remplacer des éléments qui ne pouvaient être publiés mais on ne m’a jamais fait modifier de dessin.
Y aura-t-il une troisième œuvre de ce style ?
On y travaille. Nous aimerions faire un tryptique « police » mais aussi tester le format sur d’autres types de sujets.
En quoi un carnet de dessins est-il un support adapté pour ce style de récit ?
Le dessin permet de mettre un filtre par rapport à la réalité, de respecter un certain anonymat. Il a l’avantage de permettre de montrer partiellement certaines choses, de mettre l’accent sur certains éléments tandis que d’autres sont juste suggérés. c’était très utile sur les scènes de crime par exemple. Le carnet était pour nous le moyen de nous éloigner de toute fiction. Un traitement en bandes avec des cases aurait suggéré une histoire alors qu’on est sur du reportage.
Comment as-tu travaillé ? D'après photos ? Sur place directement ? Ou de mémoire ?
J’ai à nouveau travaillé à partir des photos prises par Raynal lors de l’immersion mais je me suis également rendu sur place. Ce façon de travailler permet cette précision de dessin qui ne serait pas possible avec des illustrations réalisées in situ. Sans compter qu’il n’était pas possible pour les policiers d’avoir deux personnes sur le dos en permanence !
Quel a été ton rythme de travail ? Sur quelle durée as-tu travaillé ? Quels sont tes outils ?
Une fois les textes écrits par Raynal, la préparation du découpage, la réalisation des dessins et la mise en page prennent environ 8 mois. Je travaille principalemant à la plume et à l’encre de Chine puis à l’aquarelle pour les couleurs, parfois à l’acrylique ou au brou de noix. Je fais des crayonnés très sommaires pour conserver de la vivacité et de la tension à l’encrage.
Quels sont tes projets futurs ?
Je continue à travailler comme illustrateur pour d’autres éditeurs (Plume de Carotte, Albin Michel Jeunesse). J’ai le projet de continuer à travailler avec Raynal Pellicer sur du reportage parce que la réalité est tellement plus forte que toutes les fictions que je serais capable d’écrire !