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Le pitch du livre :
Chicago, fin des années 1960. Karen Reyes, une jeune fille de dix ans passionnée par les monstres et les films d’horreur, se rêve en loup-garou détective. Lorsque sa voisine, Anka, une survivante de l’Holocauste, est retrouvée morte dans des circonstances mystérieuses, Karen décide de mener l’enquête. À travers son journal intime illustré, elle explore les secrets enfouis de son quartier, les traumatismes de l’histoire et les ombres qui hantent les adultes. Moi, ce que j’aime, c’est les monstres est une œuvre poignante, étrange et profondément humaine, où l’innocence côtoie l’horreur.
Cette oeuvre est bien plus qu’un roman graphique : c’est une expérience immersive, un objet littéraire et artistique hors norme. Conçu comme le journal intime d’une enfant, le livre se présente sous la forme d’un cahier d’écolier à spirales, entièrement dessiné au stylo bille, avec une virtuosité graphique qui force l’admiration. Chaque page est une œuvre d’art à part entière, mêlant croquis, collages, pastiches de couvertures de pulps horrifiques et compositions foisonnantes.
L’univers visuel d’Emil Ferris est profondément influencé par les films de monstres des années 1930 à 1950, les comics d’horreur, l’expressionnisme allemand et l’art outsider. Mais derrière cette esthétique gothique et baroque se cache une œuvre d’une grande sensibilité, qui explore les marges de la société à travers le regard d’une enfant différente, queer, passionnée par ce que les autres rejettent.
Le récit est dense, labyrinthique, à la fois enquête policière, chronique sociale et introspection psychologique. Il aborde des thématiques lourdes avec une délicatesse rare : la Shoah, le racisme, l’homophobie, la pauvreté, la maladie mentale, mais aussi l’amour filial, la découverte de soi et la puissance de l’imaginaire comme refuge. Karen, l’héroïne, utilise les monstres comme métaphore pour comprendre le monde et se protéger de sa brutalité. Dans son regard, les monstres ne sont pas ceux que l’on croit : ce sont souvent les plus humains.
L’œuvre se distingue aussi par sa narration fragmentée, non linéaire, qui reflète la manière dont les souvenirs, les émotions et les traumatismes s’entrelacent dans l’esprit d’un enfant. Cette structure complexe, alliée à une richesse visuelle inédite, fait de Moi, ce que j’aime, c’est les monstres un livre exigeant, mais profondément bouleversant.
Emil Ferris, née en 1962 à Chicago, est une artiste et écrivaine américaine. Victime du virus du Nil occidental en 2002, elle perd temporairement l’usage de ses jambes et de sa main droite. C’est pendant sa convalescence qu’elle commence à dessiner Moi, ce que j’aime, c’est les monstres, son premier roman graphique. Publié en 2017 après de nombreuses difficultés éditoriales, le livre est salué comme un chef-d’œuvre et remporte plusieurs prix prestigieux, dont trois Eisner Awards en 2018. Ferris est aujourd’hui considérée comme une voix singulière et essentielle dans le monde de la bande dessinée.
Monsieur Toussaint Louverture, maison d’édition française indépendante, est connue pour son exigence artistique et son catalogue audacieux. En publiant Moi, ce que j’aime, c’est les monstres, elle a permis à l’œuvre d’Emil Ferris de rencontrer un large public francophone, confirmant son statut de classique contemporain.